Du Comitium à la Roche Tarpéienne..., sur certains rituels d'exécution capitale sous la République, les règnes d'Auguste et de Tibère
Résumé
Les exécutions capitales à la roche Tarpéienne et au carcer présentent les unes et les autres la caractéristique d'avoir été primitivement des mises à mort par abandon aux dieux. Elles connurent des formes de spécialisation ; la première devenant le châtiment des perduelles ; la seconde, celle des hostes publici. La mise au carcer était aussi une mesure coercitive qui précédait un jugement ou une exécution, mais qui n'avait d'autre limite que la capacité d'appel de celui que l'on incarcérait. Du même coup, l'image de la prison souffrait d'une redoutable ambiguïté. L'enfermement pouvait signifier la mort si le réseau familial et clientélaire de l'emprisonné n'intervenait pas à temps. Ces rituels collectifs d'appel étaient essentiels à l'exécution. En autorisant le refus, ils organisaient le consentement. Mais à la fin de la République, manipulés dans les pratiques populares, il subirent une usure symbolique qui leur enleva l'essentiel de leur pouvoir émotif et de mobilisation. Sous l'Empire, le nouveau pouvoir ne pouvant admettre des manifestations collectives de refus d'une exécution, les rituels du consentement à la mort se déplacèrent. À l'approbation muette du peuple se substituèrent l'exposition aux gémonies et les violences sur le cadavre.
| Origine | Fichiers éditeurs autorisés sur une archive ouverte |
|---|---|
| licence |

